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Billet d'humeur

Un article dans le bulletin de mon ancien lycée

Le voilà, le voilà.

la couverture du bulletin de la Roche

Bien des mois après mon retour, j’ai accordé ma première interview….. Aux médias.

J’ai rencontré Edmond, un ancien de mon lycée qui m’a posé tout plein de questions. C’est intéressant pour moi de revenir sur ces 4 mois de marche et sur les anecdotes de ces 80 étapes du voyage.

Le résultat en images d’abord puis en texte…..

la première double page

la première double page

Suite et fin

Et maintenant, voici le texte pour tous ceux qui n’ont pas la privilège de recevoir ce bulletin :

2374 km à pied, ça pourrait user…… mais ça fait surtout du bien !

Si certains ici rechignent à marcher un quart d’heure le matin pour aller au lycée, ils feraient mieux de se renseigner sur ce qu’ont fait ceux qui les ont précédés à La Roche. Et surtout François MAHE (bac 1983). En effet, cet ancien de La Roche a fait il y a six mois un sacré périple : Paris-Venise à pied, soit 2374 km, rien que ça. Rencontre.

 Pourriez-vous tout d’abord nous résumer votre parcours ?

J’ai fait un bac D à La Rochefoucauld, et j’ai passé, à la fin de ma terminale, un seul concours, celui de l’ISA, une école d’agriculture à Lille. C’est à partir de ce moment que j’ai commencé à voyager, j’ai fait mes stages d’ingénieur en Australie et en Asie. A l’issue de mes études, je suis parti en Afrique en tant que sous directeur d’une plantation de canne à sucre. Mais je ne suis pas parti les mains vides : j’embarquais ma machine à coudre, et des livres pour apprendre à dessiner et découper le tissu. De retour en France, je suis retourné sur les bancs d’ESMOD (une célèbre école de mode, NDLR) directement en deuxième année. J’ai ensuite travaillé sept ans chez Dior, puis onze ans chez Lacoste. J’ai quitté Lacoste il y a peu, et je suis maintenant prof à ESMOD et à MOD’ART, ce qui me laisse du temps pour réfléchir.

 Vous avez donc, de mai à septembre, marché de Paris à Venise. Pourquoi ce voyage ?

Eh bien ! j’avais besoin d’une pause, après être parti de chez Lacoste. Mais pour moi, partir en avion, ça me rappelait trop le travail. J’ai donc préféré partir à pied, pour voyager autrement. Je voulais pouvoir réfléchir, prendre du recul, et comme je réfléchis mieux en marchant… Ca c’est fait comme ça.

Et pourquoi avoir choisi Venise comme destination finale ?

Alors, pour commencer, je voulais aller à Jérusalem. Puis je me suis assez vite rendu compte que ça allait être infaisable en quatre mois. J’ai ensuite obliqué sur Istanbul, puis sur la Croatie. Puis, en marchant, une fois arrivé à Venise, je me suis rendu compte que ça allait, que j’étais bien arrivé là où je voulais.

Paris-Venise, c’est quand même 2374 km, physiquement, ça n’a pas été trop dur ?

Eh bien pas du tout ! J’ai eu quand même un peu mal aux pieds, c’est vrai, mais ça s’est passé bien plus facilement que je n’aurais pu le craindre. Ma soeur Anne (ancienne de La Roche aussi) est pédicure. Elle m’a coaché à distance. En fait, c’est surtout mes chaussures qui ont eu du mal, j’ai été deux fois au chômage technique : j’ai dû refaire les talons.

 Comment avez vous programmé votre chemin ?

Je n’avais pas fait d’itinéraire très précis. J’ai fonctionné par étapes, allant de 7 à 42 km. En fait, je n’avais établi très précisément que la première, puisque j’allais dormir chez des amis à la sortie de Paris. Ensuite, j’avais une idée générale des lieux par lesquels je voulais passer, mais mon itinéraire quotidien s’est fait au gré des chemins et de mes rencontres.

Vous avez donc découvert des chemins par le biais des gens ?

Tout à fait. En Italie par exemple, il m’est arrivé une histoire amusante. Quand je suis arrivé à la Spezia, en Italie, j’avais complètement oublié un « détail » : les Apennins. Une chaîne de montagnes assez hautes, bref tout ce que je ne voulais pas faire. Je cherche donc un col le plus bas possible, et j’arrive dans un village. Je demande alors à des villageois de m’indiquer un chemin, quand l’un d’eux me dit : « Ah mais il faut que vous passiez par les Apennins, c’est magnifique, vous ne pouvez pas rater ça ! ». Et résultat : j’ai marché dix jours sur un chemin de crête entre 1500 et 2000m d’altitude alors que je ne l’avais pas du tout prévu.

Avez-vous fait d’autres rencontres marquantes comme celles-ci ?

Des tas ! Une fois, je voulais m’arrêter prendre un café dans un petit village, je rentre dans l’unique café de la place, et je vois un homme en train de peindre. Je lui demande s’il est ouvert, il me répond qu’il ouvre la semaine prochaine… Et nous sommes restés une heure et demie à discuter, il m’a même offert un café !

Pour ce qui est du logement, vous n’avez jamais eu de problème pour passer la nuit ?

J’ai presque toujours trouvé un endroit où dormir, je n’ai planté la tente que sept ou huit fois, ce qui n’est pas beaucoup ! Je me souviens d’une fois, il pleuvait, je traverse un village, personne pour m’accueillir, j’ai finalement dormi sous le préau de l’école. Je me suis aussi retrouvé seul client d’un hôtel, j’avais tout l’hôtel pour moi tout seul.

 Vous avez choisi de partager votre voyage par le biais d’un blog (sur Internet : mahecasa). Vous l’aviez prévu avant de partir ?

Oui, c’était quelque chose que j’avais prévu. Je laissais sur place ma famille, des amis, et je voulais pouvoir partager ça avec eux. En plus je fais beaucoup de photos, et la forme du blog me paraissait bien pour partager tout ça !

Vous avez voyagé en France, puis en Italie. Y’a-t-il une grande différence entre marcher chez nous et chez eux ?

Oui, quand même. Les chemins sont bien mieux indiqués en France, j’ai dû demander  très souvent mon chemin en Italie, parce qu’il n’y a presque pas de panneaux pour les chemins de randonnée là-bas. Par contre, les gens sont plus accueillants en Italie, il y a bien plus de gens dehors, sur le pas de leur porte !

 Qu’est ce qui vous a le plus surpris pendant ce périple ?

(Il réfléchit) Les papillons ! Chaque jour, je voyais une nouvelle couleur de papillon, c’était la saison, et ce sont des espèces très localisées. J’ai aussi vu des noms de villages très amusants, dont j’ai mis certaines photos sur mon blog !

Pas de problèmes avec la météo ?

Non, pas spécialement. J’ai surmonté un orage, et la canicule en arrivant dans la plaine du Pô. Je devais commencer à 6h30 et surtout  faire une pause de 13h à 16h30.

 Pour en revenir à La Rochefoucauld, est-ce qu’être un ancien de La Roche, ça aide à marcher ?

Eh bien oui ! Je me suis rendu compte de l’intérêt de certaines matières. La géographie par exemple, j’ai passé quatre mois à faire vraiment de la géographie appliquée ! L’histoire aussi a été bien illustrée, puisque chaque endroit se découvre avec son histoire. Le français enfin, puisque j’achetais de livres au gré des librairies. Enfin, les PAE m’ont donné le goût du voyage : j’avais au lycée fait deux PAE marche, une randonnée de Strasbourg à Colmar et les plages du débarquement.

Qu’avez-vous retiré de ce voyage ?

Oh ! tellement de choses… Disons que j’ai réussi à me sortir des cycles infernaux auxquels j’étais confronté. J’ai aussi appris à dédramatiser, à relativiser. Je me suis renforcé. Pas seulement physiquement, mais surtout intellectuellement. Et puis le fait de réussir ce challenge, ça m’a permis de m’en fixer un nouveau : je vais lancer ma propre ligne de vêtements. J’avais vaguement cette idée avant de partir, mais en marchant, j’ai eu le temps d’y réfléchir.

 Quel accueil votre démarche a-t-elle reçu auprès des gens ?

Les gens que je croisais pendant la marche étaient souvent impressionnés… Alors que je ne m’y attendais pas du tout, je ne me trouvais pas impressionnant ! (rires). Je suis rentré. J’ai rencontre Chantal, une amie d’amis, qui m’a beaucoup touché. En effet, elle a eu des problèmes de santé, et elle m’a raconté que mon voyage lui a donné le courage de lutter et s’accrocher à la vie. Et vraiment cette histoire m’a fait chaud au cœur, voilà largement une raison d’avoir fait tant de kilomètres !

 Voulez-vous prolonger ce contact, continuer à en parler auprès des gens ?

Oui, tout à fait ! Cette rencontre avec Chantal m’a donné envie de partager cette expérience, qu’elle puisse servir à d’autres. Je vais donc continuer à alimenter mon blog, et je prévois d’écrire un livre pour raconter mon histoire de marche.

 Prévoyez-vous de recommencer ce genre d’expérience ?

Pourquoi pas… Je ne sais pas si ça prendra la même forme, mais disons que je veux continuer à me fixer des challenges !

 Pour conclure, auriez-vous des conseils aux Larochefoucaldiens qui voudraient se lancer dans une telle expédition ?

Eh bien ! il faut aller à son rythme, c’est le plus important. Ne faire que ce qu’on a envie de faire. Parce que, quand ça nous plaît, on ne sent pas les kilomètres, et c’est ça qui est magique !

Propos recueillis par Edmond COULOT

plutôt fier de cet article

Discussion

Une réflexion sur “Un article dans le bulletin de mon ancien lycée

  1. Bravo et merci p’tit frère pour ce bel article dans le bulletin de La Rochefoucauld. Moi, ta Grande Soeur (ancienne secrétaire à l’accueil de la Roche dans les années 1977 à 1980) est fière de voir ce que tu es devenu grâce à la Roche et souhaite que les Larochefoucaldiens en prendront de la graine !!!
    Ta Grande Soeur Monique.

    Publié par monique72130 | 19/04/2012, 12:34

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